Risques suicidaires chez les ados : des signaux d’alarme à connaître
Début septembre 2021, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié une synthèse des recommandations destinées notamment aux acteurs de soins de première ligne, intitulée : « Idées et conduites suicidaires chez l’enfant et l’adolescent : prévention, repérage, évaluation, prise en charge ». On y trouve quelques outils pour repérer et prévenir les risques suicidaires, à l’instar de l’Ask Suicide-Screening Questions (ASQ) ou du Bullying Insomnia Tobacco Stress Test (BITS).
Pour les personnels non médicaux, des signes peuvent donner l’alerte et conduire à adresser le jeune vers un acteur de soins de première ligne :
- absentéisme scolaire ;
- difficultés à entrer en contact avec les autres ;
- accumulation de douleurs ou de petites maladies :
- troubles du sommeil persistants ;
- succession d’échecs, par exemple aux examens ;
- actes destructeurs (consommation excessive d’alcool, de cannabis ou d’autres drogues illégales, de médicaments ou de jeux vidéo) ;
- blessures volontaires, scarifications ;
- restrictions alimentaires excessives ou excès ;
- prises de risques démesurées ;
- actes agressifs (harcèlement, agressions physiques…).
La prise en compte de l’environnement
Certains facteurs (contexte familial, social et économique) augmentent le risque de passage à l’acte chez les enfants ou adolescents. Il y a bien sûr la période adolescente elle-même, source de fragilité pour l’individu. Les antécédents personnels de tentatives de suicide qui est le premier facteur de risque de récidive. Les antécédents suicidaires dans la famille ou dans l’entourage, les troubles de la santé mentale, les antécédents de maltraitance et d’abus sexuels, un mauvais état de santé ou une insertion sociale précaire augmentent également le risque d’intention suicidaire.
La HAS pose également quelques recommandations en matière d’orientation des enfants/adolescents en risque de suicide. Ainsi, s’il y a eu une TS récente, c’est à un service d’urgences qu’il faut s’adresser. En cas d’idées suicidaires exprimées, le jeune peut être envoyé vers un CMP, un CMPP, un psychiatre libéral, ou selon le territoire une Maison des Adolescents. Il est évidemment important que l’entourage soit associé aux mesures de précaution prises par les professionnels socio-médicaux, et qu’on l’informe de la conduite à tenir en cas d’aggravation des signes.
Le numéro national de prévention du suicide
Annoncé par le ministre de la Santé et des Solidarités lors de l’ouverture des Assises de la Santé mentale et de la psychiatrie le 27 septembre dernier, le numéro national de prévention du suicide est entré en fonctionnement le vendredi 1er octobre 2021. Gratuit, il garantit une écoute professionnelle et confidentielle 24h/24 et 7j/7 par des infirmiers et des psychologues formés. Il est destiné aux personnes souffrant d’idées suicidaires, à leurs proches et aux personnes endeuillées par un suicide.
Se former pour prévenir et accompagner les risques suicidaires
Au-delà des bonnes pratiques dispensées par les autorités pour les professionnels chargés de repérer, évaluer et orienter les enfants et adolescents, la formation reste l’outil de choix pour mieux prendre en charge les risques suicidaires en institution. La clé d’une évaluation adéquate réside en effet dans la formation des intervenants en lien direct avec les jeunes (enfants et adolescents).
Conscient que la formation des professionnels est un levier essentiel pour la prévention des risques suicidaires chez les adolescents, Epsilon Mélia propose un programme de deux jours aux objectifs multiples :
- Informer et sensibiliser à la question du suicide et du processus suicidaire ;
- Distinguer les réalités des mythes et mieux comprendre l’acte suicidaire ;
- Apprendre à repérer les indicateurs du processus suicidaire ;
- Connaître les ressources et les limites personnelles et institutionnelles ;
- Découvrir, construire les réseaux de prise en charge et s’appuyer sur eux.
La formation aborde les définitions et représentations du suicide, les conduites d’entretien, l’exploration des idées suicidaires, l’évaluation du risque. Les professionnels y apprennent à déceler les signes avant-coureurs, caractériser une crise suicidaire, connaître les facteurs de risque, et comment intervenir en réseaux de professionnels.