Contact

Écriture thérapeutique : définition, bienfaits et guide complet des ateliers pratiques

Maîtrisez la théorie relative à l’écriture thérapeutique, pour créer et animer vos ateliers d’écriture en
situation de relation d’aide.

Dans cet article

I. Qu’est-ce que l’écriture thérapeutique ? Définition

Définition et objectifs

L’écriture thérapeutique est une méthode d’expression personnelle qui utilise l’écriture comme outil pour explorer ses pensées et ses émotions. Contrairement à l’écriture créative ou académique, son objectif principal est de favoriser le mieux-être émotionnel et mental. Les textes produits ne sont jamais « évalués » ou « jugés ». On ne les utilise pas non plus pour diagnostiquer une pathologie. Ils sont simplement le reflet du parcours intérieur de la personne, et peuvent servir de base pour ses échanges avec l’accompagnant.

Ainsi, l’écriture thérapeutique s’inscrit dans le champ des psychothérapies à médiation artistique, comme le théâtre par exemple. Le Docteur Anne-Marie Dubois¹ préfère cette expression à celle d’art-thérapie, qui laisse entendre, selon elle, que c’est l’art seul qui guérit. Dans la thérapie à médiation artistique, il s’agit bien de conjuguer les spécificités de la pratique artistique avec celles du processus de thérapie. Cela fonctionne d’ailleurs pour tout type de relation d’aide – art et éducation spéciale, art et accompagnement pédagogique, etc.

Comme en témoigne la poétesse Rupi Kaur, l’écriture à visée thérapeutique est d’abord une expérience d’exploration intérieure :

"J’ai commencé à écrire à une période difficile de ma vie. Après avoir réglé un minuteur, je posais ma plume sur le papier et notais la première chose qui me venait à l’esprit. […] Cette forme d’écriture libre m’a aidée à prendre le chemin de la guérison. […] L’écriture libre, souvent désignée comme une « écriture du flux de conscience », est une forme d’écoute profonde où vous laissez vos pensées s’écouler sur le papier en temps réel. Vous ne vous souciez pas de la qualité de votre écriture."

Rupi Kaur

Poètesse

Il n’est donc pas nécessaire de savoir « bien » écrire. La question du style ou de la performance est complètement laissée de côté. Seule se pose celle du plaisir d’écrire ; nous y reviendrons.

La différence avec le journaling et l’écriture créative

On confond parfois l’écriture thérapeutique avec l’écriture créative. Apparu aux États-Unis dans les années 1930, le terme creative writing désigne d’abord toute production textuelle qui manifeste l’imagination et l’invention (contrairement à l’écriture journalistique ou académique). Mais lorsqu’elle se développe en France dans les années 1970, l’écriture créative devient surtout un moyen de réconcilier avec la langue des publics éloignés de l’écrit. L’écriture thérapeutique n’a pas cette visée. En revanche, il est intéressant de recourir à la dimension ludique des mots pour mobiliser une personne intimidée par l’écrit. On peut aussi considérer que le processus créatif peut être utilisé à des fins thérapeutiques car il fait appel aux ressources de la personne accompagnée.

Une telle écriture de soi évoque également la pratique du journaling, soit le fait de tenir un journal intime. Il ne s’agit pas seulement d’y noter les événements du quotidien mais de s’y livrer à une véritable introspection, une analyse de sa vie intérieure. Si, pour Nayla Chidiac, certains journaux intimes sont des exemples d’« écriture qui guérit », d’autres s’enferment dans une forme de répétition, de rumination qui empêche la personne de dépasser sa souffrance.

II. Les bienfaits de l’écriture thérapeutique

L’écriture est aujourd’hui mobilisée par de nombreuses approches thérapeutiques – psychanalyse, psychologie clinique, thérapies émotionnelles, cognitives et comportementales… –en raison de ses effets positifs.

1. Bienfaits psychologiques et émotionnels

Dans les années 1990, le psychologue social James W. Pennebaker développe une méthode particulière d’écriture thérapeutique : l’écriture expressive². Il invite ses patients à écrire sur leurs expériences traumatiques pendant 15 à 20 minutes par jour, 3 à 5 jours de suite. Les résultats de ses expérimentations témoignent d’une réduction du stress et de l’anxiété chez les participants, ainsi que d’un mieux-être émotionnel lié à la libération d’émotions refoulées.

Cependant N. Chidiac, elle aussi spécialiste de la clinique du trauma, est assez critique de cette dimension cathartique de l’écriture – « Par écriture cathartique, nous entendons toute écriture qui provoque une décharge émotionnelle importante ». Certes, cette décharge permet de libérer le sujet d’une émotion liée à un traumatisme, et donc d’éviter que cette émotion ne devienne pathogène. Seulement, revivre une scène traumatique au moment de l’écriture n’est pas anodin et peut causer des dégâts sur la vie psychique. Ainsi, N. Chidiac ne demande pas à ses patients d’écrire directement sur leur trauma. Elle utilise l’écriture autrement, comme nous le verrons plus loin.

2. Bienfaits physiques

Les études de J. W. Pennebaker démontrent également un impact positif de l’écriture sur la santé physiologique. Son hypothèse se situe toujours du côté de la libération émotionnelle : le stress et les pensées inhibées génèrent un malaise physiologique, qui disparaît quand ceux-ci sont mis en mots. L’écriture expressive a ainsi été associée à une diminution des symptômes de maladie chronique, une amélioration du système immunitaire et une meilleure récupération post-opératoire.

D’après Rupi Kaur, l’écriture est en effet une invitation au relâchement des tensions, à mieux habiter son corps. Ses descriptions nous évoquent le concept de Pleine Conscience ou Mindfulness investi par la 3e vague des thérapies comportementales, émotionnelles et cognitives (TECC) :

"Pour certains exercices, je vous demande de fermer les yeux et de respirer profondément avant de vous mettre à écrire. Ne sautez pas cette étape. La respiration est importante ! Elle va vous aider à vous détendre, et la détente va stimuler votre créativité."

Rupi Kaur

Poètesse

Le processus consiste à se connecter à ses besoins émotionnels et physiques, à accueillir ce qui nous traverse :

"Votre seul objectif est d’écrire sans retenue, de façon totalement désinhibée. En cours de route, n’effacez ni ne raturez rien."

Rupi Kaur

Poètesse

Nous ajouterons que l’acte d’écriture en lui-même implique le corps. Chaque lettre est tracée par les mouvements de la main, qui donnent à notre graphie les qualités rythmiques et toniques qui nous sont propres³. Notre écriture est la marque de notre singularité. Voilà pourquoi, en écriture thérapeutique, il est indispensable d’écrire à la main.

Lecture d'un extrait de "Lait et miel" de (et par) Rupi Kaur

3. Transformation et connaissance de soi

Comme le montrent les travaux d’Antonio R. Damasio, de François Roustang ou d’autres, l’esprit et le corps sont un continuum. Prendre soin de l’un revient à prendre soin de l’autre ; l’écriture permet cela, elle agit sur la personne dans sa totalité.

Nous l’exprimions plus haut : écrire ne se limite pas à se décharger d’une émotion. L’écriture est un processus bien plus complexe, qui favorise un changement plus profond. Pour N. Chidiac, l’acte d’écrire permet d’assouplir les processus de pensée pour mieux les transformer. La souffrance psychique se traduit par une pensée rigide, des schémas figés qui entretiennent le mal-être. Écrire, c’est s’autoriser à explorer d’autres voies, et donc petit à petit, façonner différemment son psychisme.

Ce mécanisme est particulièrement précieux dans le cadre du traumatisme. La personne traumatisée est comme prisonnière de son trauma. Figée dans les émotions suscitées, elle le revit sans cesse ; la pensée peine à advenir, l’élaboration ne se fait pas.

"Nous entendons par élaboration psychique le travail accompli généralement par l’appareil psychique. Ce travail est supposé maîtriser les excitations qui arrivent à l’appareil à penser afin de réduire le risque pathogène. Il consiste donc à intégrer les excitations dans le psychisme et favoriser les connexions associatives."

Nayla Chidiac

Auteure, essayiste et poète

Or, qu’est-ce que l’écriture sinon un travail d’association ? Les lettres renvoient à des sons, des mots, qui eux-mêmes suscitent des images. L’écriture permet de représenter indirectement des idées. Elle est un lien générateur de sens. C’est ce que l’on appelle la symbolisation.

"On pourrait donc dire que l’atelier d’écriture permet de passer de la déliaison de la pensée à la liaison par l’écriture. Celui qui écrit montre quelque chose qu’il transcrit en caractères scripturaux, il convertit des représentations en écriture. […] L’écriture permet ainsi d’aller du geste vers la pensée, de l’invisible vers le visible."

Nayla Chidiac

Auteure, essayiste et poète

Notons que N. Chidiac ne demande pas à ses patients d’écrire sur leur trauma. Elle privilégie l’imaginaire pour explorer justement la dimension symbolique de l’écriture. Parler de soi n’est pas proscrit pour autant : « Du créatif à l’intime ou de l’intime au créatif, peu importe, l’ordre ne joue pas : ce qui compte, c’est le mouvement et la circulation entre les deux ».

III. Atelier d’écriture thérapeutique : présentation et règles

En tenant compte de ces implications, qu’est-ce qu’un atelier d’écriture thérapeutique ? En fait, le dispositif doit mobiliser le processus créatif au service de la psychothérapie. Cette logique peut être transposée à tout type de relation d’aide. Pour le professionnel, il s’agit de se demander quelles caractéristiques de l’écriture coïncident avec ses méthodes et objectifs d’accompagnement.

À lire

Nayla Chidiac, Ateliers d’écriture thérapeutique, Elsevier Masson, 2013, 2e édition.
Une 3e édition est prévue pour 2027.

1. Le cadre et les professionnels

L’écriture peut être utilisée en accompagnement individuel, souvent sous la forme de tâches données entre les séances. Néanmoins, il est plus intéressant de la pratiquer en groupe généralement de 6-8 personnes. On parle alors d’atelier d’écriture.

Comme l’a défini Didier Anzieu⁴, le groupe a des vertus contenantes qui favorisent l’émergence de la pensée. Lire son texte aux autres participants est une étape importante qui permet de se confronter à différentes sensibilités et façons de penser. Rencontrer les autres c’est aussi sortir de soi, découvrir d’autres manières de faire pour dépasser les siennes, surtout quand elles ne nous conviennent plus.

Le rôle de l’animateur est très important. D’une part, il doit connaître les spécificités du public accueilli pour proposer des exercices adaptés. Il est donc formé aux méthodes d’accompagnement traditionnelles de ce public. S’il respecte cette condition, tout professionnel de la relation d’aide peut encadrer un atelier d’écriture : éducateur spécialisé, assistant social, psychologue, orthophoniste, art-thérapeuthe…

L’animateur est le garant du cadre. Cela est essentiel pour que chaque participant se sente suffisamment sécurisé pour s’exprimer. Pour chaque séance, il propose un ou plusieurs exercices choisis sur-mesure pour les besoins du groupe. Il régule les interventions et se montre à l’écoute de chacun et de tous.

2. La structure d’une séance type

À retenir

Un atelier-type dure entre 1h30 et 2h, et se divise en 3 temps :

  1. Accueil et Consigne, 10 minutes. L’animateur accueille les participants, puis énonce le thème et la/les formes proposée(s).
  2. Temps d’écriture, 30 à 45 minutes. Pendant que les participants écrivent, l’animateur écrit aussi (sur un sujet différent). D’une attention flottante, il observe les comportements de chacun.
  3. Temps de lecture, dernières 30 minutes. Lecture à voix haute des textes des participants, échanges et impressions.

Chaque séance est régie par les règles fixées par l’intervenant. Par exemple, dans les ateliers de N. Chidiac, la quantité ne compte pas. Un participant peut écrire quelques mots, ou bien Je ne savais pas quoi écrire aujourd’hui s’il n’est pas inspiré ; il aura rempli sa part du contrat. Un joker est également prévu pour qui ne souhaite pas lire ou écrire ce jour-là. Mais attention, il doit être soumis à conditions et non-renouvelable sur une période donnée.

3. Le public ciblé

L’écriture en relation d’aide s’adresse à toute personne souhaitant mieux se connaître, dépasser un blocage ou faire face à des épreuves : deuil, séparation, anxiété, stress intense…

Il n’y a pas de limite d’âge. En revanche, les objectifs et les exercices seront différents si le groupe se compose d’enfants, d’adolescents, d’adultes ou de sujets âgés.

En termes de pathologies, l’écriture thérapeutique est particulièrement indiquée pour les traumas, les angoisses, les problématiques névrotiques, les troubles anxieux et la dépression. Dans cette perspective, les ateliers doivent être encadrés par un professionnel formé en psychopathologie. Elle est contre-indiquée en cas d’états délirants, de pathologies comme les psychoses ou les schizophrénies et d’états d’agitation en phase maniaque (qui pourraient perturber le groupe).

À noter : l’atelier d’écriture n’est pas une prise en charge suffisante. Il doit s’inscrire dans un processus d’accompagnement plus complet et s’accorder avec les objectifs définis avec la personne.

IV. Exercices d’écriture thérapeutique : exemples

Le choix des exercices d’écriture dépend du public ciblé et des objectifs de travail. Surtout, il est essentiel pour susciter et nourrir le plaisir d’écrire des participants ! L’écriture peut faire peur car elle est souvent liée aux expériences scolaires, administratives, bref – à la contrainte. Pourtant écrire, tel que nous le concevons ici, est un jeu. Il s’agit d’entretenir la joie et la créativité des participants, qui favoriseront leur assouplissement psychique.

Poésie

La poésie est un format ludique et accessible qui favorise le surgissement de l’émotion et sa mise en forme.
Voici quelques idées de formes et de thèmes à proposer et leurs indications :

Formes Thèmes possibles
Haïku
3 vers : 5 syllabes + 7 syllabes + 5 syllabes
Exprime les émotions ressenties par le poète devant la beauté de la nature ou le tragique de la condition humaine
• Liquide
• Derrière le masque
• d’après un support visuel (tableau, photo)
Quatrain
Strophe ou poème de 4 vers. On peut ajouter des contraintes : vers libres, alexandrins, décasyllabes…
• J’ai raté le train
• Vitamines
• La 5e saison
Landay
Forme de poésie afghane souvent piquant (trait d’esprit)
2 vers : 9 syllabes + 13 syllabes, rime non obligatoire
• Rouge
• Et finalement…
• Évanoui
Calligramme
Poème dont la disposition graphique forme un dessin, souvent en lien avec le contenu
• Animal
• Carte postale
• Centrifuge (ou Centripète)
Acrostiche
Poème dont les vers commencent par des lettres qui, lues verticalement, forment un mot
• de son prénom
• du prénom que l’on aurait aimé porté

Prose

La prose favorise le récit, explore le rapport au temps, elle est aussi plus « introspective ». À éviter en cas de trauma ou de dépression.
Voici quelques idées de formes et de thèmes à proposer et leurs indications :

Formes Thèmes possibles
Inventaire
Une énumération. Permet d’explorer ses idées et de les mettre en ordre.
• Je me souviens… (d’après G. Perec)
• J’aime… (d’après Riff Cohen)
• Je ne sais pas…
Fable
Stimule la créativité dans un cadre balisé : les personnages sont des animaux + doit comporter une partie narrative + morale finale
Écrire une fable
• ayant pour morale « À chacun sa vérité »
• dont les personnages sont des poissons
• ayant pour titre lait et miel (d’après Rupi Kaur)
Nouvelle
Histoire courte caractérisée par une chute surprenante
Écrire un passage d’une nouvelle
• ayant pour titre Un meurtre sans importance
• commençant par « Il pleut à Giglio » (d’après Feu! Chatterton)
• se terminant par : « … et j’ai fermé la porte. »
Lettre
Pour transmettre un message, s’adresser à l’autre
• E-mail d’un pays étranger
• Lettre de réclamation au Président
• Vous avez 5 ans et écrivez à votre meilleur ami
Dialogue
Au choix, selon les codes du roman ou du théâtre
• entre un papier et un stylo
• entre Don Quichotte et la Belle au Bois Dormant

V. Conseils pour animer un atelier d’écriture thérapeutique

Nous avons défini la fonction, le cadre et le contenu de l’atelier d’écriture. Pour terminer, nous allons voir comment animer un atelier d’écriture thérapeutique ou dans le cadre de la relation d’aide. Ces conseils pratiques et points de vigilance visent à étayer votre posture d’animateur.

1. Préparation et cadre thérapeutique

Les ateliers d’écriture sont un dispositif à part entière et les séances se répondent. Ainsi, il est nécessaire à la fois de les préparer en avance et de les adapter en fonction des feedbacks du groupe.

Les thèmes doivent être variés pour confronter chaque participant à des univers étrangers aux leurs. Il est déconseillé d’utiliser la même forme ou le même thème lors de 2 séances
consécutives. Au-delà du stylo et du papier, il est fortement recommandé de recourir à des supports extérieurs – visuels, musicaux, olfactifs, tactiles… N. Chidiac raconte comment elle a proposé aux participants d’écrire avec un galet dans la main, d’après une musique ou inspirés par l’odeur d’une tisane à la fleur d’oranger ramenée en séance.

Nous insistons sur la nécessité de poser un cadre bienveillant et confidentiel pour que chacun ose s’exprimer. Il est intéressant de rappeler régulièrement que la qualité littéraire ne compte pas et de laisser la possibilité d’un joker (aux modalités précises).

2. Gestion de la pratique et des résistances

L’écriture en elle-même peut être intimidante. De plus, en avançant dans le processus, l’écrivant peut développer certaines résistances. Or, l’animateur dispose de plusieurs stratégies pour l’aider à les dépasser.

Cela tient notamment à sa posture non-jugeante : invitez le participant à écrire librement, sans se soucier de la grammaire ou de l’orthographe. Soyez à l’affût de toute tentative de se censurer ou de juger son propre texte, pour les nommer et si possible, les désamorcer avec lui.

En cas de blocage, vous pouvez encourager la personne à exprimer ce qui la gêne dans la consigne ou le fait d’écrire. Vous pouvez même lui proposer d’écrire là-dessus, en lui précisant bien qu’elle aura alors tout à fait répondu aux attentes de l’atelier. En principe, le fait de proposer des consignes contraignantes – haïku, villanelles, tautogrammes… – permet au participant de se focaliser sur l’originalité de l’exercice, et aide à contourner les résistances.

3. L’accompagnement et l’interprétation

Enfin, rappelons que dans l’écriture thérapeutique, c’est la forme qui compte, pas le fond. L’animateur ne cherche pas à interpréter ce que le texte « raconte ». Il s’intéresse plutôt au travail d’élaboration et de création du participant et à son évolution au fil des séances. Il porte attention à la forme – style, ruptures, néologismes… – qui témoigne du travail de symbolisation. Par exemple, une écriture « effractive » avec des ruptures fréquentes peut être rencontrée au début du travail avec une personne angoissée ou traumatisée. Il s’agira d’observer si sa production évolue vers des textes plus « liés », témoignant davantage de continuité.

L’interprétation ne doit pas non plus s’inviter entre participants au moment de la lecture des écrits. L’animateur en est le garant. Il n’analyse pas mais encourage l’échange, le questionnement. Il sollicite des références littéraires auxquelles lui font penser le texte lu. Avant ou après s’être exprimé, il invite les autres participants à faire de même.

Au terme de cette ressource, nous espérons vous avoir fait découvrir la puissance de l’écriture thérapeutique comme levier de changement. Véritable jeu introspectif, baume pour l’âme et le corps, l’écriture est un outil accessible à chacun d’entre nous. Elle peut être mobilisée dans tout type de relation d’aide.

Se former à l’animation d’ateliers d’écriture dans la relation d’accompagnement permet d’affiner sa posture d’intervenant, de tester ses idées d’exercice et d’acquérir une nouvelle compétence professionnelle.

Notes

¹ Anne-Marie Dubois est une psychiatre et psychanalyste française, ancienne praticienne hospitalière à l’hôpital Sainte-Anne de Paris.
² J. W. Pennebaker et J. M. Smyth. Écrire pour se soigner. La science et la pratique de l’écriture expressive, Genève, Éditions Markus Haller (Condition Humaine), 2021.
³ M.-A. Du Pasquier, « L’écriture entre corps et langage », dans Le Français d’aujourd’hui, 2010/3 n° 170, Armand Colin, p. 65-70.
⁴ D. Anzieu, Le Corps de l’œuvre, Paris, Gallimard, 1981.

Références bibliographiques

Nayla Chidiac (2025). L’écriture qui guérit : Traumatismes de guerre et littérature. Éditions Odile Jacob.
James W. Pennebaker, Joshua M. Smyth (2021). Écrire pour se soigner. La science et la pratique de l’écriture expressive. Éditions Markus Haller.
Rupi Kaur (2023). Écrire pour guérir – Cahier d’exercices poétiques. Éditions Robert Laffont.
Ouanessa Younsi (2024). Soigner, écrire. Presses de l’Université de Montréal.